Aventures et mésaventures apicoles de Dominique Badoil

N’ayant pas la prétention d’écrire la 244ème fable de Jean de La Fontaine qui aurait pu s’intituler «La taupe qui voulut s’essayer à l’apiculture…», je voulais malgré tout vous faire partager une mésaventure dont la répétition ne présage pas je l’espère de vérifier l’adage «jamais 2 sans 3»…
Nos ruchers étant considérés comme des refuges pour la biodiversité, le mien abrite, outre des colonies d’abeilles, toutes sortes de bestioles rampantes, courantes, sautantes et volantes…
Redoutant la rencontre inopinée avec quelque vipère ayant trouvé le gîte dans un pneu finissant sa carrière comme support de ruche et trouvant aussi qu’il y en a bien assez pour tenir les bâches d’ensilage dans nos vertes campagnes, j’en ai banni l’utilisation dans mon rucher et utilise, selon la saison et la nécessité deux moyens pour poser les dites ruches.
En période de récolte, lorsqu’une colonie prolifique peut se transformer en gratteciel, je pose les ruches sur des palettes, ce qui permet, avec une taille standard, de pouvoir encore poser facilement jusqu’à quatre hausses sans devoir utiliser un escabeau…
Bien sûr, toutes les années ne se ressemblant pas, mon rucher ne s’appelle pas Manhattan ! En période d’hivernage mais aussi au printemps et jusqu’à la première transhumance, j’utilise des supports métalliques à quatre pieds de 40 à 50 cm de hauteur.
Ceux-ci permettent d’avoir une distance suffisantetaupe badoil entre le sol et les ruches afin de les protéger de l’humidité et surtout de ne pas se casser le dos quand on doit travailler dans le corps de la ruche (l’apiculteur doit aussi prendre soin de sa santé, pas seulement de celle de ses protégées !).
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si je n’avais pas comme colocataires de vaillantes taupes n’ayant de cesse de creuser des galeries qui passent parfois à l’aplomb des pieds des supports de ruches.
Ainsi, à la fin de l’hiver dernier, j’ai pu voir une ruche pencher dangereusement de jour en jour jusqu’à glisser de son support et se renverser, j’en ai été quitte à la relever et les abeilles ne m’en ont pas, fumée aidant, tenu rigueur.
Bis repetita… Lors du coup de vent de miseptembre alors que mon travail m’avait appelé sous d’autres latitudes pour quelques jours, une seconde ruche a subi le même sort, non pas à cause du vent violent (car son poids la rendait impossible à soulever), mais par le creusement d’une galerie passant simultanément sous les deux pieds avant de la ruche.
Mon cousin Stéphane, nouvel adepte de l’apiculture, me sachant absent et n’écoutant que son courage, est venu à la rescousse et sa bonté n’a été récompensée que par quelques piqûres ingrates.
Morale de l’histoire… méfiez-vous des taupes !!!

Dominique BADOIL