La loque américaine

La loque américaine se trouve partout, c’est la seule maladie dont la déclaration restera obligatoire au niveau de la législation européenne apicole.

I – Généralités :

C’est une maladie du couvain operculé, extrêmement grave et contagieuse, qui peut toucher rapidement tout un territoire. Rencontrée la première fois au Etats-Unis (maladie de New-York), appelée américaine en opposition à la loque européenne qui n’a pas le même agent pathogène.

II – Etiologie :

(Etude des causes de la maladie : un agent pathogène associé à des causes favorisantes très diverses provoquent la maladie. Toute erreur apicole peut être source de causes favorisantes).

1/ Agent pathogène :

C’est un bacille : « Bacillius Larvae « . Il existe sous deux formes différentes : une forme de résistance, la spore qui résiste aux agressions externes et qui se perpétue dans le temps (détruit à 130° pendant 40′ ). La spore peut germer et donner naissance à un bacille : c’est la forme végétative. Le passage d’une forme à l’autre se fait dans les deux sens en fonction des conditions. La spore est amenée à la larve pendant la phase du couvain ouvert.
Le bacille se multiplie par division. Le bacille digère, consomme la larve puis sporule. Les antibiotiques sont bactériostatiques, c’est à dire qu’ils arrêtent le développement des bacilles mais ils ne tuent pas les spores (l’agent pathogène). Pour éliminer les spores il faut transvaser .

2/ Causes favorisantes :

Voisinage, conditions climatiques, conduite apicole, mauvaise nutrition.

III – Symptômes :

a/ Couvain en mosaïque : ce n’est pas un critère spécifique, mais cela indique un problème .

rucher_ecole_17_03_2012_032b/ Vérifier les opercules : alors qu’ils sont généralement bombés, en cas de loque les opercules sont affaissés. La coloration de l’opercule devient plus foncée, presque noire. L’opercule est troué ou déchiré de façon irrégulière. Une alvéole en train d’être operculée a un trou central régulier.

c/ Test de « l’allumette » : enfoncer dans l’alvéole en « touillant », on ramène une masse visqueuse, élastique : c’est la larve filante, caractéristique de la loque américaine, marron clair. On peut rencontrer un deuxième stade : la larve pâteuse : masse collée sur le bord de l’alvéole. Puis on arrive au stade de l’écaille loqueuse : on ne voit pratiquement plus rien, tout est sec, pratiquement invisible. L’abeille n’arrive pas à éliminer, on les trouve généralement quand la colonie est morte.

d/ Une forte odeur typique (le « pied », la colle forte ) présente quand la ruche est déjà extrêmement atteinte.

On peut couper un rayon douteux dans le sens des alvéoles, on voit les écailles loqueuses éventuelles au fond des alvéoles.

La loque peut être concentrée à une partie du couvain. C’est une maladie grave du fait de sa résistance : c’est le seul germe apicole résistant dans le temps et que l’abeille ne peut pas nettoyer.

IV – Conduite à tenir :

A la visite de printemps, visiter le rucher au trou d’envol : vérifier l’activité au trou de vol, vérifier le devant des colonies (déchets, abeilles traînante, mortes). Après on commence la visite par les ruches qui semblent « normales », faire les douteuses en dernier (avoir un chalumeau et un seau d’eau de Javel pour désinfecter en cas de maladies). En cas de découverte de loque considérer tout le rucher comme malade.

Avoir dans l’optique de transvaser les ruches loqueuses : vérifier la force des ruches. Les ruches trop faibles seront détruites (abeilles et matériel) : soufrer, fermer, puis brûler les rayons et passer le corps au chalumeau après grattage de la propolis.

Jour J : 1° application d’antibiotique : 0,5 gr/colonies/application de matière active (tétracyclines), vérifier selon la spécialité commerciale et ce quelque soit la force de la ruche. Dans du sirop ( 50-50 ) ou par poudrage dans 50 gr de sucre glace (mais difficultés de mélange et poudrage des deux côtés du cadre).

Jour J+7 : faire le transvasement, puis après transvasement faire la deuxième application d’antibiotique sur tout le rucher.

Jour J+14 : 3° application d’antibiotique.

Le transvasement est obligatoire:
Mettre la ruche à transvaser face à son emplacement.
A sa place mettre une ruche désinfectée avec des cadres vides (gaufrés ou non ).

Mettre un papier journal sous la planche de vol de la ruche malade et sur la planche de vol de la ruche vide. Prendre chaque cadre et le secouer sur le papier journal, le cadre vidé est mis rapidement dans un sac poubelle. Secouer le corps de ruche et l’emmener sans le mélanger avec du matériel sain, puis plier le journal et le mettre dans le sac poubelle. Brûler tout ce qui est dans le sac poubelle.

Désinfecter au chalumeau : le bois doit prendre une couleur foncée. L’eau de Javel sert à désinfecter les mains (un berlingot pour 6 litres d’eau) mettre à tremper éventuellement une heure les cadres ciré dans une solution d’eau de Javel à 2° chlorométrique.

Texte : Thierry BONNARDEL