Piqûres, effets, allergie

Toxicité du venin d’abeilles, allergie au venin d’abeille

Les abeilles sont des hyménoptères dont le venin renferme des substances pharmacologiquement actives qui peuvent provoquer :

  • une réaction toxique banale chez la plupart des personnes ;
  • ou sensibiliser certains sujets et engendrer la réaction anaphylactique et le phénomène d’allergie.
I – Le venin d’abeille a une activité pharmacologique propre, et une activité toxique propre

Activité du venin entier d’abeilles sur l’homme.

A – Effets locaux

Sur la peau de l’homme (niveau local) la toxicité du venin se manifeste par une réaction inflammatoire classique se traduisant par de la douleur, chaleur, rougeur, tuméfaction. Après une piqûre d’abeille, la douleur est instantanée, la peau devient rouge, chaude oedémateuse et démange.

B – Effets généraux
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La toxicité du venin au niveau général se manifeste par diverses perturbations :

1 – perturbation dermatologique :

  • urticaire.

2 – perturbations hématologiques :

  • hémolyse ;
  • augmentation du temps de coagulation du sang et donc apparition de petichi (petites taches de sang sous la peau) sur tout le corps.
  • augmentation du la perméabilité de la paroi des vaisseaux sanguins et donc apparition d’oedèmes.

3 – perturbation du système cardio-vasculaire se traduisant par des variations de la tension artérielle :

  • soit simplement une hypertension ;
  • soit une hypotension suivie d’une hypertension.

4 – perturbation du système nerveux central avec apparition :

  • de crampes ;
  • paralepsie ;
  • et selon la gravité apparaît un état de stupeur et des phénomènes convulsifs.

5 – perturbation du système respiratoire avec :

  • accélération du rythme respiratoire ;
  • asphyxie par bronchostriction.
II – Réactions aux piqûres d’abeille

A – Les réactions normales

1 – Une seule piqûre.

A la suite d’une piqûre, la réaction dite normale se caractérise au niveau de la piqûre par :

  • une sensation de douleur ;
  • une sensation de brûlure, chaleur ;
  • un petit oedème ;
  • une démangeaison.

Le traitement peut être :

  • l’application de pommade antihistaminique (qui diminue les démangeaisons).

2 – Piqûres multiples.

Des piqûres multiples peuvent donner l’apparition de réactions toxiques avec comme tableau clinique :

  • la survenue de quelques perturbations (cf paragraphe I B) par exemple apparition de perturbations dermatologiques (urticaire) et perturbations du système respiratoire (accélération du rythme respiratoire) ;
  • la survenue de toutes les perturbations (cf paragraphe I B) ;
  • et parfois la mort.

Cependant , cette réaction toxique et la mort qui peut survenir ne sont pas de nature allergique. Elles sont dues a une injection massive de venin.

Pour comparaison :

  • chez un sujet non allergique à l’aspirine la prise de 1 comprimé d’aspirine a pour but de faire diminuer la fièvre et la douleur ; si le sujet non allergique prend une quantité trop importante d’aspirine, il peut en mourir.
  • chez un sujet allergique à l’aspirine, tout le monde connaît le tableau clinique de la prise d’un seul comprimé : apparition d’un oedème de QUINKE, et parfois la mort par phénomène d’allergie.

B – Réaction allergique

Réaction allergique = allergie atopique.

Le but de ce paragraphe est de rappeler l’essentiel à connaître sur le mécanisme de survenue et les dangers de cette hypersensibilité. En effet, certains sujets développent, à la suite d’une piqûre d’abeille, une réaction immunologique qui est due aux substances antigénétiques du venin (hyaluronidase et phaspholipase A contenue dans le venin).

Les allergies au venin d’abeille sont des hypersensibilités immédiates à IgE (immunoglobuline de type E) ou hypersensibilité de type anaphylactique. Elles sont caractérisées par l’apparition de signes cliniques immédiatement après le contact avec l’antigène ou allergène.

1 – Mécanisme de la réaction allergique.

  • Premier contact de l’antigène avec l’organisme au cours du premier contact de l’antigène (AG). C’est à dire au cours de la première piqûre (injection de venin) par une série de réactions spécifiques on a production d’anticorps (Ac) c’est à dire production IgE spécifique de l’Ag (venin), on a le début de l’immunisation, l’organisme réagit, fabrique des Ac dirigés contre le venin.

Puisque l’organisme a créé des Ac, l’organisme garde la mémoire de la piqûre.

  • au cours des piqûres successives, les années suivantes, lorsque le venin (=Ag) pénètre une nouvelle fois dans l’organisme, celui-ci se souvient de la piqûre. Au cours du temps, l’organisme se souvient de mieux en mieux de la piqûre. le processus de toxicité générale se développe alors de plus en plus vite et un jour une piqûre entraîne la mort (l’effet toxique est alors immédiat).

2 – Le tableau clinique.

Il se passe en quelque minutes seulement. Après injection du venin, il se passe ce que nous avons vu au paragraphe IB.

Tableau du choc anaphylactique :

  • prurit et urticaire ;
  • le patient devient pâle gris ;
  • souffle court ;
  • pouls imperceptible ;
  • tension artérielle imprenable ;
  • diarrhée, vomissement ;
  • si pas de traitement immédiat, il peut y avoir la mort.

3 – Notion de terrain.

Toutes les personnes ne font pas des accidents allergiques. Leurs survenues sont liées à un terrain particulier qui reste encore assez mystérieux.

4 – En pratique.

A la suite d’une piqûre d’abeille on a le plus souvent une réaction normale.

* Cependant, il faut noter certains « signes d’appels » qui sont :

  • prurit ;
  • marques des ongles quand la personne se gratte (qui traduit l’oedème et l’augmentation de perméabilité des vaisseaux) ;
  • sensation de malaise ;
  • souffle court.

Ce sont les signes de fabrication d’Ac (IgE) la personne s’immunise à bas bruit.

* Il faut savoir qu’au cours des années un apiculteur qui n’est pas allergique s’immunise à IgG (immunoglobuline de type G) ce qui se traduit par : il ne ressent pratiquement plus rien aux piqûres d’abeilles. C’est ce qu’on essaie de mettre en pratique dans la désensibilisation. En effet, les patients traités à l’extrait de venin d’abeille ; en vue de désensibilisation fabriquent des IgG.

La fabrication de vaccin contre le venin d’abeille n’est pas très possible car le coût de ce vaccin serait très élevé par rapport au champ d’application.

Marie BRAYET (Docteur en Pharmacie)