Réalisation d’inserts à base d’acide oxalique et de glycérine végétale pour le traitement de la varroase.

Ce sont une cinquantaine d’apiculteurs adhérents de l’Abeille du Forez qui se sont rendus ,ce samedi matin de Juin, au rendez vous à la miellerie collective.

Le but de la séance étant d’expliquer comment fabriquer soit même des inserts imbibés d’acide oxalique afin de les utiliser en diffusion lente dans la lutte contre la varroase. L’acide oxalique peut être utilisé à tout moment de la saison, idéalement dans ce cas, d’Avril à Juin pour diminuer le taux de multiplication des varroas.
Le traitement de fin de miellée ne devra pas être occulté (soit en répétant l’opération, soit avec une autre molécule). Lors de la séance il a été évoqué l’utilisation du chlorure de lithium mais la destruction du couvain est aussi envisageable ainsi que l’encagement des reines si l’on tient à n’utiliser que l’acide oxalique (en dégoûtement dans ces deux derniers cas).

Le support de ces inserts est une bandelette de cartonnette (cellulose) que l’on trouve aisément dans les magasins d’apiculture (Coopérative, Icko).
Afin de mieux diffuser l’acide oxalique dans tout le couvain, il est préférable de recouper la bandelette dans la longueur avant l’imprégnation. On utilisera alors six inserts par colonie, suspendus entre les cadres de couvain avec le dosage prévu aujourd’hui soit 21,3 g d’acide oxalique par ruche.
L’acide oxalique ainsi que la glycérine végétale sont aussi en vente dans les magasins d’apiculture ou sur internet. Il faut se les procurer le plus pur possible (sup à 99%).

Afin d’imbiber correctement les cartonnettes et de permettre une diffusion lente de l’acide oxalique, on prépare un mélange d’acide, d’eau et de glycérine végétale.
Il faut d’abord dissoudre l’acide oxalique dans l’eau à une température d’environ 72°C. (Il faut verser l’acide dans l’eau et non l’inverse).
Il est préférable d’utiliser un récipient émaillé plutôt que métallique à cause de la corrosion.

Dissolution de l’acide oxalique dans l’eau et chauffage.
Il est préférable de contrôler la température pour ne pas dépasser au-delà de 72°C.

Lorsque l’acide est entièrement dissout, sans dépasser la température, on ajoute la glycérine.
Le mélange est ensuite remonté en température jusqu’à environ 72°C afin d’éviter une recristallisation de l’acide.
Un toit de ruche (dans lequel sont les deux bidons au fond desquels les inserts seront placés pour être imprégnés) sera rempli d’eau chaude pour servir de bain-marie. Cela permettra l’imprégnation des bandelettes sans que l’acide ne recristallise.

Disposition des cartonnettes au fond du récipient.
Il faut prévoir de ne pas serrer les cartonnettes car elles vont beaucoup gonfler. Néanmoins, il est bon qu’elles soient contenues en fin d’opération car, sinon, elles ont tendance à s’effeuiller

Les cartonnettes après absorption de la solution.
Il est préférable de trouver un récipient dont les dimensions sont assez ajustées à la longueur des cartonnettes.
Le bain marie doit être maintenu jusqu’à absorption total du mélange acide oxalique/glycérine.
Les inserts seront conservés dans le récipient qui a servi à la fabrication, fermé, et ne seront manipulés que lorsqu’ils seront utilisés au rucher du fait de leur relative fragilité.
Les dosages utilisés lors de cette séance sont les suivants :
Acide oxalique : 640 g
Eau : 533 ml (soit deux cannettes de bière bien pleines.)
Glycérine : 872 g
Ceci pour la fabrication de 180 demi inserts (traitement de 30 ruches à 21,3 g par ruche)
Cette méthode de fabrication ainsi que ce protocole d’utilisation ne sont que le fruit des essais de plusieurs apiculteurs de l’Abeille du Forez depuis quelques années. En aucun cas ce ne saurait être une recommandation. Libre à chacun de poursuivre dans cette direction.

Le coup à boire final……

…………. et les échanges.
Il va de soi que la séance de démonstration à été l’occasion de nombreux échanges entre apiculteurs à propos de la miellée et de la canicule annoncée.
Photos de Jean Louis Perdrix et texte de Marc Fougerouse



